Le fait
Le premier morceau de Paràulas Cantadas : un poème de moi, mis en musique. Il n'appartient à aucun village, parce que son sujet appartient à toute l'île : la séparation. Les enfants partis qui ne reviennent qu'en août, les parents qui restent. Le retour de l'été, et ce qu'il coûte à ceux qui attendent toute l'année.
Le texte
sarde
Cando làmpadas mi giamat
lasso sa tzitade
su coro andat a bellu
inue m'isetat su sole
Sa torrada de s'istiu
(sa torrada!)
sas campanas de mesudie
sa pratza, sas risadas
sos cumpanzos totu a inghìriu
Sa torrada de s'istiu
su fragu de murta e de mare
totu sas jannas abertas
comente bratzos pro m'imprassare
Sa domo de jaja
tenet sa matessi janna
sa figu, sa matessi umbra
ma su tempus est passadu
Chie est partidu, chie abarradu
si mirant chene faeddare
una tassa de binu artziada:
"A custa terra, chi non si podet ismentigare!"
Sa torrada de s'istiu
(sa torrada!)
sas campanas de mesudie
sa pratza, sas risadas
sos cumpanzos totu a inghìriu
Sa torrada de s'istiu
su fragu de murta e de mare
totu sas jannas abertas
comente bratzos pro m'imprassare
E cando benit cabudanni
sa balìgia pranghet a palas de sa janna
mi giro e promito un'àtera borta:
"Torro, mama... torro un'àtera borta"
Sa torrada de s'istiu
(sa torrada!)
sas campanas de mesudie
sa pratza, sas risadas
sos cumpanzos totu a inghìriu
Sa torrada de s'istiu...
bidda mia, iseta·mi un'àtera borta...
Traduction française
Quand juin m'appelle
je laisse la ville
mon cœur s'en va doucement
là où le soleil m'attend
Le retour de l'été
(le retour !)
les cloches de midi
la place, les rires
les amis tout autour
Le retour de l'été
le parfum de myrte et de mer
toutes les portes ouvertes
comme des bras pour m'embrasser
La maison de grand-mère
a toujours la même porte
le figuier, la même ombre
mais le temps a passé
Celui qui est parti, celui qui est resté
se regardent sans parler
un verre de vin levé :
« À cette terre qu'on ne peut pas oublier ! »
Le retour de l'été
(le retour !)
les cloches de midi
la place, les rires
les amis tout autour
Le retour de l'été
le parfum de myrte et de mer
toutes les portes ouvertes
comme des bras pour m'embrasser
Et quand arrive septembre
la valise pleure derrière la porte
je me retourne et je promets encore :
« Je reviens, maman... je reviens encore une fois »
Le retour de l'été
(le retour !)
les cloches de midi
la place, les rires
les amis tout autour
Le retour de l'été...
mon village, attends-moi encore une fois...
Les relectures
Le texte n'a pas encore été relu par un locuteur. Je le dis parce que c'est vrai, et parce que les autres morceaux l'ont été. Je cherche des relecteurs dans les circoli sardi — Allemagne, France, Belgique : écrivez-moi. Ce morceau, par ailleurs, n'est pas dans la palette afro house de la série, et c'est un choix.
Sources
- Dati AIRE, febbraio 2026, ripresi da «La Nuova Sardegna» (22/02/2026)
- A.S.E.I.