Sas Pedras Faeddant — Ploaghe

Sas Pedras Faeddant

Village
Ploaghe
Aire
Logudoro
Langue chantée
logudorais de Ploaghe
Année
2026
Série
Cartas de Sardigna
Durée
4:31

Le fait

Dans le vieux cimetière de Ploaghe (Piaghe), béni en 1797, les dalles de marbre blanc sont écrites pour la plupart en sarde logudorais, et non en italien : des noms, des âges, des métiers, et la formule Pax. Après le choléra de 1855, le village a construit un autre cimetière ; les pierres sont restées là. Le texte est fait des mots de ces dalles.

Le texte

logudorais de Ploaghe
Piaghe... Pace. Inoghe reposat. Massaiu bene costumadu, pacìficu, laboriosu e giustu: gai l'ant iscritu in sa pedra, gai l'ant lassadu a sos fizos. Pastore de Piaghe, onestu, industriosu, pacìficu: no at lassadu àteru che su nùmene e custas paràulas. Unu nùmene, un'edade, un'arte, una die. Chie passat leghet in pagu: Pace. Sas pedras faeddant in sa corte de sa cheja, narant su nùmene, s'annu e sa die. Sas pedras faeddant, ma no abòghinant: Pace — inoghe reposat. Maria Caderina, nàschida in Bonorva, bìdua de duos maridos, como reposat in Piaghe in sa pedra bianca. Su còlera est bennidu, sa corte no est bastada prus: ant fatu un'àteru campusantu, e sas pedras sunt restadas inoghe. Isetat inoghe... sa resurretzione... In sa carta, s'italianu. In sa missa, su latinu. In sa pedra, sa limba de domo. Pace! Piaghe! Sas pedras faeddant! Pace! Piaghe! Inoghe reposat! (refrain) Giuanne Maria... Maria Caderina... Giuanna Maria, ùnica fiza... Pace.
Traduction française
Piaghe… Paix. Ici repose. Paysan de bonnes mœurs, paisible, travailleur et juste : c'est ainsi qu'on l'a écrit dans la pierre, c'est ainsi qu'on l'a laissé aux enfants. Berger de Piaghe, honnête, industrieux, paisible : il n'a rien laissé d'autre que son nom et ces mots. Un nom, un âge, un métier, un jour. Qui passe le lit en un instant : Paix. Les pierres parlent dans la cour de l'église, elles disent le nom, l'année et le jour. Les pierres parlent, mais elles ne crient pas : Paix — ici repose. Maria Caderina, née à Bonorva, veuve de deux maris, repose maintenant à Piaghe dans la pierre blanche. Le choléra est venu, la cour n'a plus suffi : on a fait un autre cimetière, et les pierres sont restées ici. Il attend ici… la résurrection… Sur le papier, l'italien. À la messe, le latin. Dans la pierre, la langue de la maison. Paix ! Piaghe ! Les pierres parlent ! Paix ! Piaghe ! Ici repose ! (refrain) Giuanne Maria… Maria Caderina… Giuanna Maria, fille unique… Paix.

Les relectures

Texte écrit en logudorais, variante de Ploaghe, relu et corrigé vers par vers par Giannella Vacca (Ploaghe), les 24 et 25 septembre 2026, avant la publication. Le titre s'écrit faeddant et se chante faeddana en fin de phrase : c'est elle qui l'a tranché. Le morceau a été présenté aux habitants de Ploaghe le 26 septembre 2026 et reçu sans objection.

Sources

Le prochain village

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